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        C'est comme après une triste constatation, une sombre réalisation ; je sens mon âme vidée, déchue. Milles pensées se rencontrent et s'éloignent les unes des autres, l'harmonie troublée, le regard perdu au loin. Je me verrais courir dans ces champs que le train me présente tous les jours. Je me verrais sauter et peindre des fantasmes qui ne vivront jamais ailleurs que dans mon esprit malade. La maison, perdue à l'orée de la forêt, je l'entrevois en songe, bordée d'étranges fantaisies, et sous les arbres je m'enfonce tandis que les oiseaux descendent du ciel. Il se succéderait une pluie si violente mais chaude, qu'elle me rappellerait celles de l'année 1998, et je retrouverais alors peut être toute l'insouciance qui m'a quitté depuis ce temps là. Et je voudrais courir, courir si fort que je ne sentais plus mes jambes, ni mon souffle, lorsque mon corps se dérobant, mettrait fin à cette folie. Et j'ouvrirais les pages d'un roman pour me fondre entre les lignes...


    Si je me trouvais enfermée dans un cloître, j'élèverais alors mon âme si haut vers les cieux que ni soleil, ni lune, ne me détournerait de cette extase. Je parviendrais à quitter le monde matériel pour voguer illusoirement là où je ne suis pas. Ce vertige deviendrait habituel et remplacerait les battements sourds de mon cœur, la douleur malsaine qui m'assaille. Je suis en proie à un lyrisme contenu et désenchanté, qui se meurt peu à peu, et que je contemple froidement sans chercher à la sauver, parce que j'ai compris qu'il ne faisait point parti de ce monde. Que pour survivre mieux vaut devenir automate et se fondre dans la foule, dans la société, dans le mode d'existence imposé. Mieux vaut s'annihiler, annihiler ses rêves, ses désirs, ses aspirations et ses ambitions. La religion propose une bien douce consolation en affirmant que nous ne sommes sur terre que pour souffrir, qu'un monde meilleur nous attend là haut...


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         J'aime la sensation de cette caresse chaude, brûlant à peine ma peau, avant de se solidifier instantanément, fusionnant avec elle, l'entraînant dans ses émois comme une découverte, un soulagement. Cette douleur fugace qui s'anime et  s'éteint, laissant un sillage nacré et délicat qui se brise au premier geste. Morsure envoûtante de la cire à laquelle je ne peux plus résister. Et la flamme danse et s'agite. Et ma peau se recouvre peu à peu. Je souhaiterais devenir sa prisonnière...




     


    écris hier soir...


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  •      Ce jour, je l'aurais attendu avec une ferveur incomparable, et le voilà qui survient et s'insinue dans ma vie avec tant de silence et de naturel que je m'étonne de ne point ressentir plus d'agitation. Comment ais-je pu oublier si rapidement toutes les souffrances endurées, les affres de cette existence passée, le désespoir qui consumait peu à peu mes forces ? Comment se fait-il qu'à présent ce dénouement m'apparaît si logique, si inévitable, que je ne trouve en moi ni surprise, ni peur, ni joie frénétique ? Je me sens sure, froidement sure de ma victoire, de ma vie, de mon choix : demain je partirais. Je Le rejoindrais.
    Les premiers temps, peut être compterais-je encore les heures avec la peur de les voir s'envoler, maudissant le temps qui s'écoule trop vite, nous rapprochant d'une séparation cruelle. Mais la succession de ces matins ensoleillés, de ces journées pures et merveilleuses, de cette vie rêvée devenue réelle s'imprimera surement dans mon esprit, et je prendrais bien vite conscience que mes craintes étaient illusoires : il n'y aura plus de retour ... Cette perspective recompose mon âme, et je crois redevenir peu à peu celle que j'étais autrefois. Celle qui se construisait. On habitue promptement et sans difficultés au bonheur !
    Pas une crainte ne m'assaille et pourtant ma vie changera entièrement. Que de chemin parcouru ! Quel destin tumultueux. Vais-je enfin apprendre à vivre ? Je m'interroge toujours sur « qu'est-ce que vivre ? ». Car hormis le sens premier qui consiste à assurer les fonctions vitales de son corps, « vivre » recouvre toute une autre dimension spirituelle. Se plonger dans les livres ou l'écriture ne suffiront certainement plus, et mon regard devra s'ouvrir sur le monde, d'autres perspectives et univers bien moins attrayants peut être, chargés de contraintes. Pour la première fois, je crains de découvrir le monde.


         Je souhaiterais mener une existence en autarcie avec Celui que j'adore ; une existence coupée du monde, de la société et de ses « morales », de ses directives. Une vie calme, paisible, retirée dans la nature, agrémentée de plaisirs simples, conformes à nos mœurs et désirs. Il est ma vie, et je désire Lui consacrer entièrement la mienne...


    Que me réserve l'avenir ?...


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  •      Quelles lettres écrirais-je ? Je rêves de pages brûlées toutes les nuits. Des morceaux de passé qui s'entrecroisent dans l'ombre, et disparaissent silentieusement, laissant une trace étrange dans mon esprit. J'aime m'éveiller encore dans le rêve, le regard plongé dans ce monde fantasmagorique, le corps accroché à la réalité sans sursaut, toute conscience dissimulée. C'est comme une évasion. Paysages défilant par la fenêtre, et locomotives. Mes écrits seraient-ils prémonitoires ? Je me souviens de ce cahier, que j'ai gardé, auquel j'avais confié que je désirais que le train m'emporte bien loin, bien vite. Les bus deviennent des trains, et les trains deviendront des oiseaux.


    Et quelles lettres écrirais-je pour leur dire aurevoir ? Ces souvenirs me semblent si dénués de sentimentalité que je tente malgré moi de les chérir encore, parce que je ne peux me résoudre à les contempler avec une telle indifférence, eux que j'ai tant aimé. Suis-je l'ancienne ? La nouvelle ? Est-ce une esquisse ? En moi, tant de changements, tant de force qui se déploie. C'est dans moins de deux jours à présent, et j'y songe encore comme le tournant de cette vie que j'ai mené assoupie. "Le volcan va exploser." Comme je me rapelle de l'expression... Il va exploser une seconde fois. Pour de vrai ! 


         J'aime cette passion, j'aime ce tournant que va prendre mon existence, car j'aime le combat.


         Je me sens un peu livrée à moi même, comme si tout d'un coup, je me retrouvais les mains pleines de cartes. Mais j'apprendrais. Les cartes, les cartes. Il y en a partout, de toutes sortes. Ce sont les cartes qui me sauveront. J'aime jouer.


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    C'est étrange, vraiment étrange, ces phases de notre existence, ou l'on cherche à se connaître, se déterminer, se rencontrer. Peut-on savoir véritablement qui nous sommes ? En perpétuel changement demeurons nous... Mais est-il possible de se réveiller un matin, et de se rendre compte que le temps a filé, qu'une partie de notre esprit s'est divisée en deux, a évolué, l'une restant en arrière, entourée d'une brume d'illusion, l'autre avancant triomphalement ? Est-il possible de se réveiller un matin, et de sentir que l'on échappe à soi-même ? De ne plus comprendre qui l'on est, mais cependant savoir plus que jamais où on doit aller ? Parce qu'on sent que c'est là qu'on est ?... C'est ce qui m'est arrivé, et il s'agit d'un sentiment troublant. Mais il devint délicieux car ma route me semblait tracée et si je perdais mon identitée passée et présente, c'était pour revêtir celle de mon existence future, celle qui m'appartiendrait véritablement.

     

    Je crois qu'être soi même s'apprend, tout comme la reflexion par exemple. Pour être soi même, il faut se trouver dans un environnement favorable, qui n'impose ni brimades, ni intolérance. " Un être qui s'habitue à tout, voilà la meilleure definition de l'homme ", disait Dostoïvski. On s'habitue tant à masque ce que l'on est qu'à le dévoiler.

     

    Un matin, je me réveillais donc et cherchais qui jétais. Une impression étrange et delicieuse m'assaillait car je me sentais dénuée de tout contrôle sur mon être, mes pensées, mes désirs. Et pourtant, c'était moi qui aspirait à tout cela. Je ne saurais comment le décrire. A partir de ce jour, beaucoup de choses avaient revêtu un sens et je m'abandonnais avec délice à mon futur. A Lui. Je me sentais changer. M'élever peut être, car la force qui m'habitait depuis cette constatation n'eut jamais n'égale avec tout ce que j'avais vécu auparavant. C'était comme si enfin, je sentais qu'une construction intérieure débutait. Et cependant, j'éprouvais l'impression contante qu'il manquait des pièces pour que cette construction ne s'achève. Alors je demeurais prisonnière tantôt de mon ancien moi, tantôt séduite par le nouveau sans pouvoir l'atteindre, tantôt jonglant avec présent et futur, tout passé anihilé.

     

    A décrire ainsi ce que je vivais, je me rapellais des dires de ma professeur de philosophie en terminale: commencer à philosopher ne paraît point simple car notre esprit est envahis de préjugés, d'idées fausses, préconcues, dont il faut se débarasser pour penser par soi même. Il faut tout remettre en question, tout ce que nous croyions savoir. Il faut trier. Comme si un panier de pomme se trouvait devant nous: il faudra en garder certaines, les mettre dans un panier neuf, et jeter celles qui sont pourries." Moi, je triais ma vie. J'avais déjà jeté tout mon passé. Dans le panier neuf, il ne restait plus grand chose non plus car je navais hélas point eu encore l'occasion de le remplir. Mais j'attendais cela avec tant de ferveur que j'imaginais, et je decelais l'ombre de ce que je désirais être. Je me cherche, je me vois, je cours. Bientôt, je m'atteindrais.

     

    Mille situations inconnues et exitantes, palpitantes m'attendaient. Pour la plus part des gens, elles s'ancraient dans la banalité de la vie quotidienne. Mais pouvais-je dire que je ne connaissais point cela ? Oui, j'aspirais à la découvrir ! A savoir vivre. J'avais peur, terriblement peur de vivre. Lorsque je me trouvais livrée à moi même, en possession de liberté ou d'indépendance, je ressentais ce dégoût envers l'existence. Cette terrible lassitude. Sans même avoir commencé, je souhaitais terminer... Mais tout cela serait bien loin lorsque j'aurais atteins ce que je nommais avec ferveur "le futur". Parce que je possederais enfin les bases necessaires et souhaitées, propices, à mon développement, au développement de ma vie, de mon existence, de mon être. J'allais changer, car j'allais me liberer. Le vide que laisserait les anciennes chaînes me troublait et me réjouissait d'avance. Curiosité de voir à quoi ressemble la vie. A quoi je ressemblerais. Et difficulté de rester encore si longtemps anonyme pour moi même... Je suis à Lui restait pour le moment, tout ce qui pouvait me définir...

     

     


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