• II- Rennaissance

     

     

    C'est étrange, vraiment étrange, ces phases de notre existence, ou l'on cherche à se connaître, se déterminer, se rencontrer. Peut-on savoir véritablement qui nous sommes ? En perpétuel changement demeurons nous... Mais est-il possible de se réveiller un matin, et de se rendre compte que le temps a filé, qu'une partie de notre esprit s'est divisée en deux, a évolué, l'une restant en arrière, entourée d'une brume d'illusion, l'autre avancant triomphalement ? Est-il possible de se réveiller un matin, et de sentir que l'on échappe à soi-même ? De ne plus comprendre qui l'on est, mais cependant savoir plus que jamais où on doit aller ? Parce qu'on sent que c'est là qu'on est ?... C'est ce qui m'est arrivé, et il s'agit d'un sentiment troublant. Mais il devint délicieux car ma route me semblait tracée et si je perdais mon identitée passée et présente, c'était pour revêtir celle de mon existence future, celle qui m'appartiendrait véritablement.

     

    Je crois qu'être soi même s'apprend, tout comme la reflexion par exemple. Pour être soi même, il faut se trouver dans un environnement favorable, qui n'impose ni brimades, ni intolérance. " Un être qui s'habitue à tout, voilà la meilleure definition de l'homme ", disait Dostoïvski. On s'habitue tant à masque ce que l'on est qu'à le dévoiler.

     

    Un matin, je me réveillais donc et cherchais qui jétais. Une impression étrange et delicieuse m'assaillait car je me sentais dénuée de tout contrôle sur mon être, mes pensées, mes désirs. Et pourtant, c'était moi qui aspirait à tout cela. Je ne saurais comment le décrire. A partir de ce jour, beaucoup de choses avaient revêtu un sens et je m'abandonnais avec délice à mon futur. A Lui. Je me sentais changer. M'élever peut être, car la force qui m'habitait depuis cette constatation n'eut jamais n'égale avec tout ce que j'avais vécu auparavant. C'était comme si enfin, je sentais qu'une construction intérieure débutait. Et cependant, j'éprouvais l'impression contante qu'il manquait des pièces pour que cette construction ne s'achève. Alors je demeurais prisonnière tantôt de mon ancien moi, tantôt séduite par le nouveau sans pouvoir l'atteindre, tantôt jonglant avec présent et futur, tout passé anihilé.

     

    A décrire ainsi ce que je vivais, je me rapellais des dires de ma professeur de philosophie en terminale: commencer à philosopher ne paraît point simple car notre esprit est envahis de préjugés, d'idées fausses, préconcues, dont il faut se débarasser pour penser par soi même. Il faut tout remettre en question, tout ce que nous croyions savoir. Il faut trier. Comme si un panier de pomme se trouvait devant nous: il faudra en garder certaines, les mettre dans un panier neuf, et jeter celles qui sont pourries." Moi, je triais ma vie. J'avais déjà jeté tout mon passé. Dans le panier neuf, il ne restait plus grand chose non plus car je navais hélas point eu encore l'occasion de le remplir. Mais j'attendais cela avec tant de ferveur que j'imaginais, et je decelais l'ombre de ce que je désirais être. Je me cherche, je me vois, je cours. Bientôt, je m'atteindrais.

     

    Mille situations inconnues et exitantes, palpitantes m'attendaient. Pour la plus part des gens, elles s'ancraient dans la banalité de la vie quotidienne. Mais pouvais-je dire que je ne connaissais point cela ? Oui, j'aspirais à la découvrir ! A savoir vivre. J'avais peur, terriblement peur de vivre. Lorsque je me trouvais livrée à moi même, en possession de liberté ou d'indépendance, je ressentais ce dégoût envers l'existence. Cette terrible lassitude. Sans même avoir commencé, je souhaitais terminer... Mais tout cela serait bien loin lorsque j'aurais atteins ce que je nommais avec ferveur "le futur". Parce que je possederais enfin les bases necessaires et souhaitées, propices, à mon développement, au développement de ma vie, de mon existence, de mon être. J'allais changer, car j'allais me liberer. Le vide que laisserait les anciennes chaînes me troublait et me réjouissait d'avance. Curiosité de voir à quoi ressemble la vie. A quoi je ressemblerais. Et difficulté de rester encore si longtemps anonyme pour moi même... Je suis à Lui restait pour le moment, tout ce qui pouvait me définir...

     

     


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