• XIX - Seelenschmerz


     


     


        C'est comme après une triste constatation, une sombre réalisation ; je sens mon âme vidée, déchue. Milles pensées se rencontrent et s'éloignent les unes des autres, l'harmonie troublée, le regard perdu au loin. Je me verrais courir dans ces champs que le train me présente tous les jours. Je me verrais sauter et peindre des fantasmes qui ne vivront jamais ailleurs que dans mon esprit malade. La maison, perdue à l'orée de la forêt, je l'entrevois en songe, bordée d'étranges fantaisies, et sous les arbres je m'enfonce tandis que les oiseaux descendent du ciel. Il se succéderait une pluie si violente mais chaude, qu'elle me rappellerait celles de l'année 1998, et je retrouverais alors peut être toute l'insouciance qui m'a quitté depuis ce temps là. Et je voudrais courir, courir si fort que je ne sentais plus mes jambes, ni mon souffle, lorsque mon corps se dérobant, mettrait fin à cette folie. Et j'ouvrirais les pages d'un roman pour me fondre entre les lignes...


    Si je me trouvais enfermée dans un cloître, j'élèverais alors mon âme si haut vers les cieux que ni soleil, ni lune, ne me détournerait de cette extase. Je parviendrais à quitter le monde matériel pour voguer illusoirement là où je ne suis pas. Ce vertige deviendrait habituel et remplacerait les battements sourds de mon cœur, la douleur malsaine qui m'assaille. Je suis en proie à un lyrisme contenu et désenchanté, qui se meurt peu à peu, et que je contemple froidement sans chercher à la sauver, parce que j'ai compris qu'il ne faisait point parti de ce monde. Que pour survivre mieux vaut devenir automate et se fondre dans la foule, dans la société, dans le mode d'existence imposé. Mieux vaut s'annihiler, annihiler ses rêves, ses désirs, ses aspirations et ses ambitions. La religion propose une bien douce consolation en affirmant que nous ne sommes sur terre que pour souffrir, qu'un monde meilleur nous attend là haut...


  • Commentaires

    1
    Samedi 14 Octobre 2006 à 16:26
    Tristesse
    Beaucoup de tristesse dans vos mots, beaucoup de maux dans votre coeur. La photo est superbe mais votre texte nous touchent beaucoup. Que vous souhaitez d'autre que de croire en le bonheur et en la beauté de la vie ? Avec toute notre tendresse Ame & Chris
    2
    Lundi 16 Octobre 2006 à 04:04
    Bonjour
    Hélas, je ne sais... Je ne demande qu'à croire au bonheur et à la beauté de la vie, mais les jours me confortent parfois tellement dans mon pessimisme que je me sens desesperée comme le témoigne cet écrit... Bien à vous...
    3
    Mardi 17 Octobre 2006 à 20:31
    Poésie
    ... et état d'Ame... Pour vous, pour lui, je viens de publier un nouveau poeme... Je sais que votre sensibilité ne pourra qu'apprécier ces nouveaux vers... Toute mon amitié Ame
    4
    Nat
    Dimanche 17 Décembre 2006 à 18:34
    Jolie !
    cette photo
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